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RSE et tourisme durable : enjeux environnementaux, sociaux et solutions

Quels enjeux et solutions ?
29 juillet 2026 par
RSE et tourisme durable : enjeux environnementaux, sociaux et solutions
Positive Company, Gwladys Lecomte

Temps de lecture : 8 minutes

Ecrit par Gwladys Lecomte - Article publié en janvier 2023, mis à jour en juillet 2026

Le tourisme est de retour, et avec lui, ses impacts. Après la parenthèse de la pandémie, le secteur a retrouvé ses niveaux records. Mais la reprise ne signifie pas un retour au modèle d'avant : les réglementations se renforcent, les consommateurs changent leurs habitudes et les acteurs du secteur (hôtels, agences, transporteurs, destinations) sont sous pression pour transformer en profondeur leurs pratiques.

Le tourisme en 2025-2026 : reprise record, pression RSE accrue

Le tourisme international a franchi un nouveau cap en 2025 : ONU Tourisme recense 1,52 milliard d'arrivées internationales, soit 60 millions de plus qu'en 2024 (+4 %). Les recettes du tourisme international atteignent 1 900 milliards de dollars (+5 % par rapport à 2024), et les exportations totales liées au tourisme (transport inclus) culminent à 2 200 milliards de dollars, un niveau record absolu.

En Europe, 793 millions d'arrivées internationales ont été enregistrées en 2025, confirmant le continent comme première destination touristique mondiale. La France figure parmi les destinations ayant enregistré les plus fortes progressions de recettes : +9 % sur les neuf premiers mois 2025.

Pour 2026, ONU Tourisme prévoit une croissance de 3 % à 4 % des arrivées internationales, soutenue par la forte demande des consommateurs et de grands événements mondiaux (Jeux olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026, Coupe du monde FIFA 2026). Les principales incertitudes portent sur les tensions géopolitiques et le niveau élevé des prix du transport aérien.

En France, le tourisme représente 3,8 % du PIB en 2023 et 2 millions d'emplois directs et indirects. La France a accueilli 100 millions de visiteurs internationaux en 2024 pour 71 milliards d'euros de recettes.

Le tourisme représente jusqu'à 25 % du PIB de certains pays en développement. Parmi les 13 pays regroupant 80 % des personnes les plus pauvres, 10 d'entre eux possèdent une industrie touristique importante (Bernard Schéou, économiste).

Quelle est l'empreinte carbone du tourisme ?

À l'échelle mondiale, le tourisme représente environ 8 % des émissions mondiales de CO2, soit 4 gigatonnes de CO2 équivalent par an.
(Source : étude publiée dans Nature, Université de Sydney, 2018)

En France, le secteur du tourisme a émis 97 millions de tonnes de CO2 équivalent en 2022, soit 11 % de l'inventaire national d'émissions de GES. Le transport représente 69 % de cette empreinte carbone, dont 29 % pour le seul transport aérien. L'hébergement, les achats de biens touristiques et la restauration représentent 25 % des émissions.
(Source : ADEME, Bilan des émissions de GES du secteur du tourisme en France en 2022, 2ème édition, 2024)

L'ADEME fixe un objectif de réduction des émissions du secteur touristique de 40 à 50 % en absolu d'ici 2030 par rapport à 2018, en déclinaison de l'Accord de Paris.

La restauration correspond en moyenne à 80 % de l'empreinte écologique sur la biodiversité dans un hôtel, et représente entre 10 % et 25 % de la consommation d'énergie d'un établissement. Le gaspillage alimentaire dans la restauration touristique représente 10 millions de tonnes de produits par an en France.

La gestion des déchets reste un enjeu critique : chaque couvert génère en moyenne 0,2 kg de déchets. L'exemple de l'île de Boracay (Philippines), fermée 6 mois en 2018 faute de gestion des déchets, illustre les conséquences d'un tourisme de masse non encadré.

Quels sont les enjeux sociaux du tourisme en France ?

Le tourisme peut être une source de revenus, mais aussi d'inégalités. Comme le rappelle Bernard Schéou : 

« Dans les pays les plus pauvres, le tourisme va donner lieu à une alliance entre les élites locales et les investisseurs étrangers, qui seront les principaux bénéficiaires. » 

Le risque de folklorisation des cultures locales et les dérives du tourisme des bidonvilles en sont des illustrations concrètes.

Les conditions de travail méritent également attention. Selon une enquête du journal Hôtellerie Restauration, 70 % des employés du CHR estiment qu'une revalorisation des salaires est nécessaire. 50 % demandent le paiement de toutes les heures supplémentaires, 42 % souhaitent supprimer le travail en coupure.

Ces conditions pèsent sur le recrutement et la rétention des talents. Fin 2024, 63 000 postes restaient vacants dans le tourisme selon la Direction Générale des Entreprises. Le secteur anticipe 336 000 recrutements dans l'hôtellerie-restauration en 2025, dont 107 810 pour les seuls postes de serveurs de cafés-restaurants.
(Sources : DGE via France Travail, février 2026 ; Enquête BMO France Travail, 2025)

Quelles réglementations RSE s'appliquent au secteur touristique ?

RE 2020 (ou RT 2020) — constructions neuves

La Réglementation Environnementale 2020 s'applique à toutes les constructions neuves depuis le 1er janvier 2022. Elle impose des Bâtiments à Énergie Positive (BEPOS), autosuffisants en énergie notamment grâce à des centrales photovoltaïques.

Décret tertiaire — bâtiments existants

Le dispositif éco-énergie tertiaire impose aux établissements hôteliers de réduire leur consommation énergétique de 40 % d'ici 2030, 50 % d'ici 2040 et 60 % d'ici 2050. Le non-respect entraîne une sanction de 7 500 € par établissement et une publication publique des manquants ("name & shame").

CSRD — reporting durabilité

La CSRD concerne progressivement les grandes entreprises du secteur. Depuis le paquet Omnibus (mars 2026), le périmètre a été réduit aux entreprises dépassant 1 000 salariés ET 450 M€ de CA net. Même les acteurs hors périmètre seront sollicités par leurs donneurs d'ordres via le standard volontaire VSME.

(Source : Directive (UE) 2026/470, JOUE 26 février 2026)

CS3D — devoir de vigilance

Les grandes entreprises du secteur (tour-opérateurs, plateformes, chaînes hôtelières internationales) sont progressivement soumises à la directive CS3D (Directive UE 2024/1760), qui impose d'identifier et prévenir les impacts sur les droits humains et l'environnement dans leur chaîne de valeur.

Communication responsable

Depuis le 27 septembre 2026, la directive EmpCo (UE 2024/825) interdit les allégations génériques non prouvées sans justification précise. En France, le décret n°2022-539 encadre depuis 2023 les mentions "neutre en carbone" (sanction jusqu'à 300 000 €).

Comment rendre son activité touristique plus durable ?

Sur la mobilité

Remplacer l'avion par le train pour les trajets courts et moyens est le levier le plus impactant. Les agences de voyages peuvent proposer des itinéraires davantage orientés train et destinations proches. L'initiative Escapade nature sans voiture des Grands Sites de France illustre ce modèle : des séjours de 2 à 3 jours, entièrement sans voiture depuis le domicile.

Sur l'hébergement

Les établissements peuvent réduire leur empreinte via l'efficacité énergétique, une politique zéro plastique à usage unique, une gestion des déchets en circuit court et une réduction du gaspillage alimentaire. Un hôtel économise 7 dollars pour chaque dollar investi dans la réduction du gaspillage alimentaire.

(Source : Green Lodging News)

Sur les ressources humaines

La durabilité du secteur passe aussi par l'attractivité : revalorisation salariale, suppression des horaires en coupure, amélioration des conditions des saisonniers.

Sur la chaîne de valeur

Les agences et opérateurs peuvent sélectionner des partenaires engagés, impliquant les populations locales dans la création de valeur. L'Association pour le Tourisme Équitable et Solidaire (ATES) réinvestit 2 à 6 % du prix de chaque voyage dans un fonds de développement dédié au pays visité.

(Source : tourisme-equitable.org)

Le tourisme social et solidaire représente 1 600 établissements en France, accueillant 5,3 millions de vacanciers pour 19,3 millions de nuitées en 2018.

(Source : Avise, 2021)

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FAQ - Tourisme et RSE

Le tourisme durable cherche à minimiser les impacts environnementaux et sociaux des voyages tout en maximisant les bénéfices pour les populations locales. Il repose sur trois piliers : réduire l'empreinte carbone, préserver la biodiversité et les cultures locales, et garantir des conditions de travail équitables dans toute la chaîne de valeur touristique.

En 2022, le tourisme en France a émis 97 millions de tonnes de CO2 équivalent, soit 11 % de l'inventaire national d'émissions de GES. Le transport représente 69 % de cette empreinte, dont 29 % pour le seul transport aérien. L'ADEME fixe un objectif de réduction de 40 à 50 % d'ici 2030. (Source : ADEME, 2024) 

Il impose aux établissements hôteliers de réduire leur consommation énergétique de 40 % d'ici 2030, 50 % d'ici 2040 et 60 % d'ici 2050. Le non-respect expose à une sanction de 7 500 € par établissement et à une publication publique des manquants.

En sélectionnant des partenaires engagés : hébergements certifiés, mobilités bas-carbone, implication des populations locales dans la création de valeur, conditions de travail équitables. L'évaluation des fournisseurs sur des critères RSE structurés devient un levier de différenciation et de conformité avec les nouvelles obligations réglementaires (CS3D, CSRD).

Le secteur fait face à une tension structurelle sur les ressources humaines. Fin 2024, 63 000 postes restaient vacants dans le tourisme, et 336 000 recrutements sont anticipés pour 2025 dans l'hôtellerie-restauration. Les conditions de travail — horaires en coupure, saisonnalité, revalorisation salariale — restent les premiers freins à l'attractivité du secteur. (Sources : DGE via France Travail, 2026 ; Enquête BMO France Travail, 2025)

🔗 Sources


Réglementations RSE 2025–2026 : CSRD, CS3D, greenwashing
ce qui s'applique vraiment