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Écrit par Manoëlle Dousson - Article publié en septembre 2025, mis à jour en novembre 2026
Réduire ses émissions ne suffit pas : le climat change déjà, et l’entreprise doit se préparer aux effets qu’elle ne peut plus éviter. Depuis janvier 2026, l’État français fixe un cadre de référence pour cela, la trajectoire de réchauffement TRACC. Cette page présente ce cadre, la méthode que recommande l’administration pour évaluer son exposition, les outils publics gratuits et les points à intégrer dans la relation avec les fournisseurs.
Adaptation au changement climatique : les points clés à retenir
| Thème | Point clé |
|---|---|
| Trajectoire de référence | La TRACC définit le climat auquel la France hexagonale doit se préparer : +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels. |
| Statut juridique | Un décret en Conseil d’État du 23 janvier 2026 l’a intégrée au code de l’environnement ; un arrêté du même jour en fixe la trajectoire. |
| Plan national | La TRACC a été mise en place dans le cadre du troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), publié le 10 mars 2025. |
| Première étape | L’administration recommande d’élaborer une étude de vulnérabilité : le risque croise l’exposition de l’enjeu, l’aléa climatique et la vulnérabilité de l’enjeu. |
| Données | DRIAS, de Météo-France, fournit des projections climatiques régionalisées de référence pour l’adaptation en France. |
| Outil de la Banque de France | Odacc aide les entreprises à évaluer leur exposition aux risques climatiques physiques (lancement le 12 février 2026). |
Quel climat prévoir : la trajectoire TRACC
La trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) est inscrite dans le code de l’environnement par un décret en Conseil d’État adopté le 23 janvier 2026. Un arrêté du même jour fixe la trajectoire. Selon le ministère de la Transition écologique, elle s’appuie sur les travaux du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et définit le climat auquel la France hexagonale doit se préparer : +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels. Les projets de textes ont été soumis à la consultation du public du 5 septembre au 1er octobre 2025.
Atténuation et adaptation : quelle différence ?
L’atténuation réduit les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement : c’est l’objet du bilan carbone et du plan de réduction. L’adaptation prépare l’entreprise aux effets qui se produiront malgré tout : chaleur, sécheresse, inondations, tempêtes. Selon la direction générale des entreprises (DGE), s’adapter consiste à adopter une approche globale pour anticiper toutes les conséquences éventuelles du changement climatique. Les deux démarches se complètent : réduire ne dispense pas de s’adapter.
Comment évaluer l’exposition de son entreprise ?
La DGE, rattachée au ministère de l’Économie, recommande de commencer par une étude de vulnérabilité. Elle définit le risque comme le croisement de trois éléments : l’exposition de l’enjeu, l’aléa climatique et la vulnérabilité de cet enjeu.
Deux outils publics aident à objectiver cette étape :
- DRIAS, de Météo-France, propose des projections climatiques régionalisées de référence pour l’adaptation en France, avec un guide d’utilisation, une visualisation géolocalisée et le téléchargement des données.
- Odacc, outil de diagnostic pour l’adaptation au changement climatique de la Banque de France, est une plateforme d’information destinée à accompagner les entreprises dans l’évaluation de leur exposition aux risques climatiques physiques. Le lancement a eu lieu le 12 février 2026.
La DGE a aussi publié en juin 2026 des guides sectoriels pour adapter son entreprise, pour les filières de la distribution, de la chimie, de la transformation et valorisation des déchets, de la logistique et du tourisme.
Fournisseurs : un risque qui se propage
Un fournisseur touché par une inondation ou une canicule peut interrompre la production de son client : le risque climatique physique d’une entreprise passe aussi par ses chaînes d’approvisionnement. La cartographie des risques fournisseurs de Positive Company croise la localisation et le secteur de chaque fournisseur ; son pilier environnement couvre l’exposition climatique, le stress hydrique et la réglementation locale, à partir de bases comme ND-GAIN 2022 (vulnérabilité climatique des pays) et WRI Aqueduct 2023 (stress hydrique des pays).
L’adaptation est-elle obligatoire pour une entreprise ?
Les sources lues ne permettent pas d’établir une obligation générale d’adaptation pour les entreprises. Le cadre de référence est celui du PNACC-3, publié le 10 mars 2025, et de la TRACC, inscrite au code de l’environnement en janvier 2026. Pour les entreprises concernées par le reporting de durabilité, l’article sur la CSRD et la double matérialité présente le cadre.
Par où commencer ?
L’administration recommande de partir de l’étude de vulnérabilité, puis de s’appuyer sur DRIAS et sur Odacc pour objectiver l’exposition. Pour sensibiliser les équipes, les fresques RSE proposent des ateliers collectifs, et l’entreprise peut tester son niveau RSE pour situer sa démarche.
FAQ : adaptation au changement climatique en entreprise
C’est la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique : +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels pour la France hexagonale, inscrite au code de l’environnement par un décret du 23 janvier 2026.
L’atténuation réduit les émissions de gaz à effet de serre. L’adaptation prépare l’entreprise aux effets du changement climatique qui se produiront malgré tout. Les deux démarches se complètent.
Non, pas de manière générale d’après les sources lues : le PNACC-3 et la TRACC fixent un cadre de référence, sans obligation générale établie pour les entreprises.
C’est la première étape que recommande la DGE : elle croise l’exposition de l’enjeu (site, chaîne d’approvisionnement, procédé), l’aléa climatique et la vulnérabilité de cet enjeu.
Sur DRIAS, de Météo-France, qui propose des projections climatiques régionalisées de référence pour l’adaptation en France. L’outil de la Banque de France, Odacc, accompagne les entreprises dans l’évaluation de leur exposition aux risques physiques.
Oui : un fournisseur touché par un aléa climatique peut interrompre la production de ses clients. Le risque climatique physique s’intègre à l’analyse des fournisseurs, par exemple dans une cartographie des risques fournisseurs. Cette réponse relève d’un raisonnement de risque, pas d’une obligation légale.
Sources :
- Ministère de la Transition écologique, « Climat : la trajectoire de réchauffement inscrite dans le code de l’environnement », 28 janvier 2026 : ecologie.gouv.fr
- Banque de France, « Lancement du nouvel outil de diagnostic pour l’adaptation au changement climatique : Odacc », 6 février 2026 : banque-france.fr
- DGE, « Engager l’adaptation de mon entreprise au changement climatique : que faire ? », 21 janvier 2026 : entreprises.gouv.fr
- Météo-France, DRIAS ; DGE, guides sectoriels, 12 juin 2026.