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NaTran : quand l’évaluation RSE fournisseurs devient un levier de progrès

Plus de 3 000 fournisseurs. Mais faut-il tous les évaluer de la même manière pour transformer réellement sa chaîne de valeur ?
3 juin 2026 par
NaTran : quand l’évaluation RSE fournisseurs devient un levier de progrès
Positive Company, Florian Masseube

Temps de lecture : 10 minutes

Ecrit par Florian Masseube

Chez NaTran, la réponse a été pragmatique : commencer par les partenaires qui concentrent l’essentiel des enjeux achats. Depuis 2023, l’entreprise s’appuie sur Scoring by Positive® pour évaluer la maturité RSE de ses fournisseurs stratégiques et agir sur trois priorités : la sécurité, l’éthique et le carbone

Le 1er juin 2026, Laurent Torqueau, pour la direction des achats de NaTran, et Charles Margnat, pour Positive Company, sont revenus sur cette démarche, ses premiers résultats et ses prochaines étapes.

Un enseignement ressort clairement : évaluer un fournisseur n’a de valeur que si cette évaluation permet ensuite de le faire progresser.

A retenir de l'article



L’évaluation RSE des fournisseurs devient réellement utile lorsqu’elle débouche sur des plans de progrès concrets, et non sur une simple notation.


NaTran concentre sa démarche sur ses fournisseurs les plus stratégiques : son top 200 représente environ 75 à 80 % de ses dépenses.


La sécurité, l’éthique et le carbone constituent les trois priorités renforcées dans l’évaluation des fournisseurs de NaTran.


Avec Scoring by Positive®, NaTran dispose d’un cadre d’évaluation adapté à ses enjeux métiers pour mieux piloter ses risques fournisseurs et accompagner leur montée en maturité RSE.

1. Prioriser les fournisseurs à plus fort impact

Avec une base de plus de 3 000 fournisseurs, NaTran aurait pu chercher à lancer une campagne d’évaluation généralisée. L’entreprise a fait un autre choix : concentrer ses efforts sur son top 200 fournisseurs en montant d’achats, complété par certains partenaires stratégiques hors de ce périmètre.

Selon les éléments partagés lors de l’entretien, ces 200 fournisseurs représentent environ 75 à 80 % des dépenses de l’entreprise, sur un volume total d’achats estimé autour de 600 millions d’euros.

Ce ciblage répond à une logique simple : agir d’abord là où les risques et les leviers de transformation sont les plus importants.

À date, environ 250 fournisseurs ont été évalués, pour près de 275 évaluations réalisées, certains partenaires ayant déjà fait l’objet de plusieurs évaluations.

Parmi les 200 fournisseurs prioritaires, environ 150 ont déjà été évalués, soit près de 75 % du périmètre ciblé.

2. Évaluer la RSE au regard des enjeux métiers

Une évaluation fournisseur ne peut pas rester générique lorsqu’elle doit éclairer des décisions opérationnelles.

Dans le cas de NaTran, trois sujets ont été renforcés dans le dispositif : la sécurité, l’éthique et le carbone.

La sécurité
Pour une entreprise intervenant sur des infrastructures et des activités techniques, la sécurité des personnels et des prestataires constitue un enjeu central. L’évaluation doit donc permettre d’identifier la maturité des fournisseurs en matière de prévention, de formation, de règles d’intervention et de suivi des indicateurs de fréquence et de gravité des accidents.

L’éthique
La robustesse d’une relation fournisseur dépend aussi de la capacité à prévenir les risques de corruption, de conflits d’intérêts ou de non-conformité. Les dispositifs anticorruption, les règles de gouvernance et les éléments de preuve associés participent directement à la maîtrise du risque fournisseur.

Le carbone
Enfin, la décarbonation d’une entreprise dépend largement de sa chaîne de valeur. Pour agir sur les émissions indirectes, NaTran doit progressivement mieux connaître la maturité carbone de ses fournisseurs : existence d’un bilan d’émissions, couverture des scopes pertinents, trajectoire de réduction et actions engagées.

C’est sur ce point que la personnalisation de Scoring by Positive® prend tout son sens. La solution repose sur un socle d’évaluation RSE structuré, complété par un bloc de questions adapté aux priorités du donneur d’ordre. Dans le dispositif NaTran, cette approche permet ainsi de renforcer la lecture des enjeux sécurité, éthique et carbone.

3. Un score comme point de départ, pas comme sanction

La note moyenne des fournisseurs évalués se situe aujourd’hui autour de 55/100.

Mais l’intérêt du dispositif ne réside pas uniquement dans cette moyenne. Une note indique un niveau de maturité ; elle ne transforme pas, à elle seule, une pratique fournisseur.

La démarche retenue par NaTran repose plutôt sur une logique de progression. Il ne s’agit pas d’écarter immédiatement un partenaire insuffisamment avancé, mais d’identifier les actions prioritaires et de construire des plans de progrès, généralement sur un horizon d’environ un an.

Autrement dit, l’évaluation n’est pas conçue comme un couperet, mais comme le point de départ d’un dialogue plus exigeant et plus utile.

Cette philosophie se retrouve également dans l’idée de valoriser la progression des fournisseurs, plutôt que de distinguer uniquement ceux qui disposent déjà des meilleurs scores. Reconnaître les trajectoires d’amélioration permet d’embarquer davantage de partenaires dans la démarche.

4. Embarquer les fournisseurs sans alourdir leur quotidien

Le déploiement d’une évaluation RSE se confronte rapidement à une réalité : tous les fournisseurs ne disposent pas des mêmes ressources pour répondre.

Certaines grandes entreprises ont déjà structuré leurs politiques RSE et peuvent fournir rapidement les éléments demandés. D’autres, pourtant avancées, expriment une forme de fatigue face à la multiplication des questionnaires provenant de différents donneurs d’ordre.

Pour les PME et les TPE, la situation est souvent différente. Certaines ont de bonnes pratiques, mais peu de temps pour les formaliser. D’autres voient dans l’évaluation un moyen de valoriser leur engagement et de se différencier dans les consultations.

Depuis 2023, NaTran a donc procédé par vagues d’onboarding, avec des webinaires de lancement et des invitations adressées progressivement aux fournisseurs concernés.

L’accès gratuit à la plateforme pour les fournisseurs constitue également un élément important du dispositif : il vise à réduire les freins à la participation, en particulier pour les entreprises de plus petite taille.

Cette attention est déterminante. Une politique d’achats responsables ne peut réussir durablement si elle fragilise les partenaires qu’elle souhaite mobiliser.

5. Faire entrer la RSE dans les décisions achats

L’autre enjeu majeur consiste à utiliser les résultats de l’évaluation dans les pratiques quotidiennes des équipes achats.

Chez NaTran, environ 65 % des consultations intégreraient aujourd’hui un critère RSE, avec un objectif de 100 % en 2030. La démarche doit donc progressivement passer d’un pilotage centralisé à une appropriation plus large par les acheteurs.

L’équipe achats compte environ 35 acheteurs, dont une dizaine d’acheteurs catégorie ou segment appelés à jouer un rôle dans l’animation du dispositif.

Les données issues de Scoring by Positive® commencent également à être exploitées dans des tableaux de bord et dans Power BI. L’objectif est de mieux suivre les évaluations dans le temps, d’identifier les plans de progrès prioritaires et de disposer d’une vision consolidée des fournisseurs stratégiques.

À ce stade, l’évaluation devient davantage qu’un questionnaire : elle devient une donnée utile pour piloter les consultations, les business reviews et les stratégies catégories.

6. Réduire la fatigue fournisseur : le chantier de l’interopérabilité

Un enjeu qui est appelé à prendre de l’importance : la mutualisation des évaluations.

Lorsqu’un fournisseur travaille pour plusieurs acteurs d’une même filière, il peut être amené à répondre plusieurs fois à des demandes comparables sur son bilan carbone, ses politiques sociales, sa gouvernance ou ses dispositifs éthiques.

Cette répétition mobilise du temps sans nécessairement accélérer les progrès.

La possibilité de partager ou de reconnaître davantage les évaluations entre acteurs du secteur de l’énergie, notamment NaTran, Teréga ou GRDF, est déjà en cours avec Scoring by Positive. 

7. Évaluer pour transformer

Le retour d’expérience de NaTran montre qu’une démarche d’évaluation RSE fournisseurs peut dépasser la logique de conformité.

En ciblant ses partenaires stratégiques, en renforçant les enjeux directement liés à ses activités et en privilégiant les plans de progrès, l’entreprise transforme progressivement l’évaluation en outil de pilotage achats.

Pour Positive Company, ce retour d’expérience illustre également la vocation de Scoring by Positive® : aider les donneurs d’ordre à comprendre la maturité RSE de leurs partenaires, à hiérarchiser leurs risques et à engager des trajectoires d’amélioration concrètes.

Le prochain défi sera celui du passage à l’échelle : poursuivre les évaluations, renforcer l’appropriation par les acheteurs, intégrer davantage les données aux outils de pilotage et alléger la charge des fournisseurs grâce à davantage d’interopérabilité.

Car une chaîne de valeur responsable ne se construit pas uniquement par des exigences. Elle se construit par la capacité d’un donneur d’ordre et de ses fournisseurs à progresser ensemble.

Et dans votre organisation, l’évaluation RSE fournisseurs est-elle encore un exercice de reporting, ou est-elle déjà devenue un véritable levier de transformation ?


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  • 1. Savez-vous expliquer pourquoi chaque fournisseur de votre liste y figure ?

    Si la réponse est non, votre segmentation est probablement encore intuitive.

  • 2. Votre classement tient-il compte du secteur d’activité du fournisseur ?

    Un fournisseur informatique, un sous-traitant industriel ou un cabinet de paie ne portent pas les mêmes risques.

  • 3. Intégrez-vous la dimension géographique et les enjeux RSE associés ?

    Zone de sourcing, réglementation locale, exposition climat, droits humains : ces facteurs peuvent fortement modifier le niveau de risque.

  • 4. Le poids économique est-il mis en perspective avec la difficulté de remplacement ?

    Un petit fournisseur non substituable est parfois plus critique qu’un gros fournisseur standard.

À retenir : si vous ne pouvez pas répondre positivement à ces 4 questions, votre cartographie fournisseurs est probablement incomplète au regard des attendus d’une démarche RSE mature.
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Définir ses fournisseurs stratégiques n’est ni un exercice déclaratif, ni un simple tri comptable.

C’est un arbitrage structuré entre :

  • votre secteur d’activité,
  • vos zones de dépendance géographique,
  • votre exposition financière,
  • et vos enjeux RSE.

Ce travail constitue aujourd’hui la base d’une politique crédible de gestion des risques fournisseurs, mais aussi un marqueur clair de maturité dans toute démarche de labellisation RSE exigeante.

Parce qu’en matière de chaîne de valeur, une entreprise responsable n’est pas celle qui surveille tout le monde. C’est celle qui sait précisément qui surveiller, pourquoi, et avec quel niveau d’exigence.

Comment bien définir la liste de ses fournisseurs stratégiques ?
Dans le cadre d'une politique de gestion des risques fournisseurs