Temps de lecture : 7 minutes
Ecrit par Pénélope Aknine
Entre ambition et réalisme : le dilemme des entreprises engagées
Le 10 mars 2026, lors du Café des Labellisés "Impact ou Intox", des entreprises labellisées Positive Company se sont réunies pour échanger sur leurs pratiques. L’objectif : partager les réussites, les difficultés et surtout se questionner sur les enjeux RSE du moment.
Faut-il construire une stratégie RSE globale et ambitieuse, ou au contraire se concentrer sur quelques actions concrètes directement liées au cœur de
métier ?
Derrière cette question se cache un paradoxe qui traverse aujourd’hui de nombreuses entreprises : la RSE est souvent pensée de manière stratégique, mais elle est vécue au quotidien de manière très opérationnelle.
À retenir de l'article
- Le paradoxe de la RSE : entre stratégie et opérationnel
Date et contexte : 10 mars 2026, Café des Labellisés "Impact ou Intox" échange sur les pratiques RSE.
Objectif principal : partager réussites, difficultés, et questionner un dilemme stratégique.
Dilemme central : stratégie globale vs actions concrètes liées au cœur de métier.
Paradoxe identifié : RSE pensée de manière stratégique, mais vécue de façon opérationnelle au quotidien.
Enjeu clé : aligner décisions stratégiques et réalité terrain, pour assurer crédibilité et efficacité de la démarche.
1. Prioriser les actions : garder les 20 % qui comptent ?
Depuis plusieurs années, les entreprises multiplient les initiatives RSE : réduction de l’empreinte carbone, actions environnementales, programmes sociaux, gouvernance responsable, mécénat. Mais cette multiplication peut provoquer un effet de dispersion, où trop d’initiatives diluent l’impact réel.
Durant le Café des Labellisés "Impact ou Intox", les participants devaient identifier les 20 % d’actions RSE qu’ils conserveraient si 80 % de leurs initiatives devaient être supprimées. Le consensus est clair : les actions les plus pertinentes sont celles qui sont en lien direct avec le cœur de métier et les valeurs de l’entreprise.
Cela implique parfois de renoncer à des initiatives populaires mais périphériques ou purement symboliques, comme le financement de ruches qui, bien qu’utile, n’est que rarement central pour l'entreprise. La réflexion montre qu’une stratégie RSE efficace ne se mesure pas au nombre d’actions, mais à leur impact concret et à leur alignement stratégique.
Enjeux clés identifiés :
Recentrer la RSE sur les missions fondamentales de l’entreprise.
Utiliser des outils de priorisation, comme la matrice de double matérialité, pour identifier les enjeux clés.
Impliquer les collaborateurs pour s’assurer que la démarche est comprise et appropriée.
Cas d’entreprise : "IDS Média : de la symbolique à la stratégie"
IDS Média, spécialiste de l’information des patients en lieux de soins et labellisé Positive Company 3 étoiles, a réduit le budget d’initiatives visibles pour se concentrer sur la gouvernance, plus alignée avec son cœur de métier. Ce cas souligne l’importance de prioriser les actions selon leur impact réel et stratégique, même lorsqu’elles sont médiatisées.
2. Revenir au cœur de métier pour éviter les effets de mode
Les actions RSE à la mode posent un double problème : elles peuvent être coûteuses et détournent l’attention des enjeux stratégiques. Les participants ont partagé plusieurs exemples d’initiatives devenues périphériques, autrefois très populaires, mais moins pertinentes aujourd’hui.
Le défi est donc de faire de la RSE un levier de transformation durable, et non un catalogue d’actions symboliques. Pour cela, les entreprises doivent combiner stratégie et opérationnel : identifier ce qui crée un vrai impact, mesurer les résultats et communiquer de manière transparente.
Une attention particulière a été portée aux perceptions internes : certaines entreprises ont constaté que les collaborateurs voient encore la RSE essentiellement à travers le prisme environnemental, alors que la démarche couvre des dimensions sociales, éthiques et de gouvernance. L’alignement entre stratégie et réalité du terrain reste donc un enjeu majeur.
Cas d’entreprise : "Manpower : le pilier social au centre de la RSE"
Chez Manpower, la RSE se concentre sur le pilier social, notamment l’amélioration du quotidien des intérimaires via une meilleure prise en compte des mobilités, de la formation et de l’implication dans des actions environnementales. Ce cas montre qu’une RSE centrée sur l’humain doit produire des améliorations concrètes, au-delà des initiatives symboliques.
3. Réconcilier la stratégie RSE avec la réalité du terrain
La RSE ne peut pas rester un concept stratégique si elle n’est pas vécue au quotidien. Les équipes de terrain se concentrent sur des aspects très concrets : conditions de travail, sécurité, charge de travail, qualité de vie.
Pour être efficace, une démarche RSE doit intégrer ces attentes dans la définition de ses priorités, et les traduire en actions concrètes. C’est le sens de l’usage d’outils comme la matrice de double matérialité, qui aide à hiérarchiser les enjeux selon leur impact pour l’entreprise et pour la société.
La réussite passe aussi par la communication et l’implication des équipes : transparence, ateliers participatifs, copil RSE, ou encore simplification des outils sont des leviers pour rapprocher stratégie et terrain.
Cas d’entreprise : "Comexposium : l’événementiel responsable"
Chaque événement constitue pour Comexposium un levier de transformation, permettant de faire évoluer ses pratiques et de renforcer la maîtrise de son impact environnemental, en cohérence avec ses engagements. En s’appuyant à la fois sur des principes d’action éprouvés et sur de nouvelles expérimentations, les équipes de Comexposium intègrent les logiques d’économie circulaire dès la conception et tout au long du cycle de vie des événements. Cette démarche d’amélioration continue apporte des résultats concrets qui se déploient au sein du Groupe et inspire l’écosystème événementiel.
Un grand merci à nos Labellisés pour leur participation !
Il s’agit d’identifier celles qui sont les plus alignées avec le cœur de métier, les valeurs et les impacts réels de l’organisation, souvent à l’aide d’outils comme la matrice de double matérialité.
En se concentrant sur des initiatives qui ont un impact concret sur l’activité et les parties prenantes, et en limitant les actions périphériques ou symboliques.
En impliquant les équipes terrain dans la définition des priorités, en communiquant clairement et en simplifiant les outils stratégiques pour qu’ils soient compréhensibles et applicables.
Oui, la RSE gagne en efficacité lorsqu’on concentre les ressources sur un nombre limité d’actions stratégiques à fort impact, plutôt que de multiplier les initiatives dispersées.





