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Achats responsables : définition, enjeux et mise en pratique

6 mai 2026 par
Achats responsables : définition, enjeux et mise en pratique
Positive Company, Gwladys Lecomte

Temps de lecture : 6 minutes

Ecrit par Violette Demain - Article publié en juillet 2023, mis à jour en mai 2026

Les achats représentent en moyenne 50 % du chiffre d'affaires d'une entreprise. Ils sont donc l'un des leviers les plus puissants pour agir concrètement sur l'impact RSE d'une organisation — bien au-delà des seules opérations internes. Face à des réglementations de plus en plus exigeantes (devoir de vigilance, CSRD, CS3D) et à des parties prenantes de plus en plus attentives, structurer une démarche d'achats responsables n'est plus une option. C'est un enjeu stratégique et, pour beaucoup d'entreprises, une obligation croissante.

Les achats responsables, qu’est-ce que c’est ?

Selon l'Observatoire des achats responsables, près de 90% des organisations ont déjà adopté une démarche d’achats responsables et plus de 80% considèrent désormais l'achat responsable comme une priorité. Les critères RSE gagnent en importance, dépassant le simple critère du prix dans la sélection des produits et services. Ainsi, les entreprises ont la capacité et la nécessité de concilier leurs objectifs commerciaux avec des valeurs éthiques et durables.

Le rôle des achats dans une entreprise

Les achats jouent un rôle crucial au sein des entreprises, représentant en moyenne 50% du chiffre d'affaires. Ils ont ainsi un impact considérable sur la performance économique de l'entreprise, ainsi que sur l'économie, l'environnement et la société. Ils peuvent être classés en différentes catégories selon la nature des biens et services acquis, tels que les matières premières, les équipements, les fournitures, le marketing, les services financiers, ainsi que les services externalisés. Dans chaque catégorie, les objectifs sont les mêmes : optimiser les coûts, garantir la qualité des biens et services, assurer la disponibilité des ressources nécessaires et maintenir des relations solides avec les fournisseurs. La décision d'achat revêt donc une grande importance stratégique pour l'entreprise, notamment si elle souhaite atteindre des objectifs liés à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et au développement durable.

Qu’est-ce qu’un achat responsable ?

Selon l’Observatoire des Achats Responsables (ObsAR), 

"Un achat responsable est un achat dont les impacts environnementaux, sociaux et économiques sont les plus positifs possible sur toute la durée du cycle de vie et qui aspire à réduire le plus possible les impacts négatifs."

Cette approche va donc au-delà des critères habituels de prix et de qualité et permet de réduire l’impact sur l’environnement, augmenter les bénéfices sociaux et renforcer la durabilité économique du processus d’achat. 

 Une politique d'achat responsable permet ainsi de concilier trois enjeux essentiels : 

  • L’environnement : en favorisant la performance énergétique, la réduction des déchets et la préservation des ressources
  • L’éthique et la société : en veillant au respect des droits de l’homme, des conditions de travail et en favorisant l’insertion sociale.
  • L’économie : en optimisant les couts, en garantissant la qualité des produits et en respectant les délais de livraison 
Diagramme achats responsables scoring

Concrètement, l'approche fournisseurs est souvent le point de départ le plus impactant pour structurer une démarche d'achats responsables. Elle consiste à évaluer les pratiques RSE de ses partenaires commerciaux selon des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance — et à utiliser ces données pour orienter ses décisions d'achat, répondre aux exigences du devoir de vigilance et alimenter son reporting CSRD. C'est précisément ce que permet une évaluation RSE fournisseurs structurée.

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Iso 20 400 : la norme achats responsables

Les bonnes pratiques d'achat responsable sont définies dans la norme internationale ISO 20400, qui considère les achats comme un puissant levier pour les organisations souhaitant adopter une démarche responsable. Complémentaire à la norme ISO 26000, cette norme spécifique aux achats fournit des recommandations aux entreprises désirant intégrer la responsabilité sociétale dans leurs processus d'achat.

L'ISO 20400 établit les principes de l'achat responsable, tels que la redevabilité, la transparence, le respect des droits de l'homme et l'adoption d'un comportement éthique. Elle définit également les démarches nécessaires pour intégrer la responsabilité sociétale dans les achats. Cette norme s'applique à tous les types d'organisations, qu'elles soient publiques ou privées, et couvre l'ensemble des activités et décisions d'achat, qu'il s'agisse de fournitures de bureau, de services de restauration, d'énergie, de matières premières, et plus encore.

Les avantages des achats responsables

Adopter une démarche d'achat responsable présente de nombreux avantages pour les entreprises, comme le démontre l'étude de l'ADEME intitulée "PME témoins : se lancer dans les achats responsables". 

Ces avantages comprennent :

  1. Réduction des coûts en diminuant les déchets et en évitant la surconsommation.
  2. Amélioration des relations avec les fournisseurs en les impliquant dans les enjeux de durabilité, les encourageant à innover et à développer des produits et services plus durables. 
  3. Approvisionnement plus local.
  4. Relocalisation d'activités en France.
  5. Réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Ce dernier avantage est d’autant plus important que depuis le 1er janvier 2023, les entreprises soumises à la ​Déclaration de Performance Extra-financière (DPEF) sont tenues d’inclure les achats dans leur bilan carbone réglementaire. Auparavant, seuls les scopes 1et 2 (émissions directe et indirectes liées à l'énergie) étaient pris en compte, mais désormais, le scope 3, qui comprend les autres émissions indirectes, notamment celles liées aux achats, est également considéré. Cette nouvelle approche sera d’ailleurs élargie à grand nombre d’entreprises d’ici 2024. C’est pour cela qu’en adoptant des achats responsables, les entreprises peuvent donc non seulement réduire leur empreinte carbone, mais aussi anticiper des réglementations de plus en plus strictes.

Cas concrets : exemples d'achats responsables

L'étude de l'ADEME a d’ailleurs mis en lumière des exemples concrets d'entreprises ayant bénéficié d’impacts positifs en adoptant une démarche d’achat responsable. Pour en citer quelques une :

  1. Entreprise Gault & Frémont a réduit ses émissions de CO2 de 50 tonnes par an en travaillant avec des fournisseurs engagés et en soutenant des produits responsables, tout en réalisant des économies de coûts annuelles de 76 000 euros.
  2. Entreprise Mauna Kea a optimisé la conception de ses emballages, réduisant ainsi le prix d’achat de moitié, tout en diminuant les émissions de CO2 de 97% et en atteignant un taux de recyclabilité des emballages de 95%.

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"C'est la démarche personnalisée qui nous a convaincu — il n'existe pas d'autres outils pour le e-commerce." Juliette Dubois-Tailliez, Cheffe de projet RSE, La Redoute

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Conclusion

Finalement, en réponse aux attentes des parties prenantes, à un cadre réglementaire de plus en plus strict et aux multiples avantages qu'elle offre, l'adoption d'une démarche d'achats responsables doit être considérée comme une priorité pour les entreprises engagées dans un développement durable.

La prochaine étape concrète ? Structurer l'évaluation RSE de vos fournisseurs, pour disposer d'une vision claire de votre chaîne de valeur, documenter votre démarche au titre du devoir de vigilance et alimenter votre reporting CSRD.

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FAQ - Achats responsables

Selon l'Observatoire des Achats Responsables (ObsAR), un achat responsable est un achat dont les impacts environnementaux, sociaux et économiques sont les plus positifs possible sur toute la durée du cycle de vie, et qui aspire à réduire le plus possible les impacts négatifs. Il intègre des critères allant au-delà du prix et de la qualité : conditions de travail des fournisseurs, empreinte carbone, respect des droits humains, et impact territorial.

Les deux termes sont souvent utilisés de façon interchangeable. L'achat durable met davantage l'accent sur la dimension environnementale (réduction des émissions, économie circulaire, éco-conception), tandis que l'achat responsable couvre un spectre plus large incluant les dimensions sociales et éthiques. La norme ISO 20400 utilise le terme "achats responsables" pour désigner cette approche globale. 

La norme internationale ISO 20400 est la référence en matière d'achats responsables. Elle fournit des recommandations aux organisations souhaitant intégrer la responsabilité sociétale dans leurs processus d'achat, en s'appuyant sur les principes de l'ISO 26000. Elle s'applique à tous types d'organisations, publiques ou privées, quelle que soit leur taille.

Ils ne sont pas encore universellement obligatoires, mais plusieurs réglementations créent des obligations indirectes. La loi sur le devoir de vigilance impose aux grandes entreprises d'évaluer les risques RSE dans leur chaîne d'approvisionnement. La directive CSRD oblige à publier des données extra-financières sur la chaîne de valeur fournisseurs. La directive CS3D renforce la due diligence sur les droits humains et l'environnement. Ces textes rendent de facto l'intégration de critères RSE dans les achats incontournable.

Les étapes clés sont : définir les priorités RSE de l'organisation, cartographier les risques dans la chaîne d'approvisionnement, évaluer les fournisseurs sur des critères RSE, intégrer ces critères dans les appels d'offres, et suivre les progrès dans le temps. La norme ISO 20400 détaille ces étapes. Un outil d'évaluation RSE fournisseurs permet de structurer concrètement cette démarche.

Les achats représentent une part majeure du scope 3 d'une entreprise — c'est-à-dire les émissions indirectes liées à l'ensemble de la chaîne de valeur. Depuis 2023, les entreprises soumises à la DPEF (et bientôt à la CSRD) doivent intégrer le scope 3 dans leur bilan carbone réglementaire. Structurer ses achats responsables permet donc simultanément de réduire son empreinte carbone et d'anticiper les obligations de reporting.

Il existe plusieurs méthodes : le questionnaire auto-déclaratif, l'audit sur site, les plateformes tierces standardisées (comme EcoVadis) ou les solutions sur-mesure avec accompagnement humain. Le choix dépend de la taille du panel, du niveau de profondeur souhaité et du budget. La méthode la plus efficace est celle qui maximise le taux de participation des fournisseurs — ce qui implique souvent de ne pas leur facturer la démarche. Découvrir comment évaluer ses fournisseurs RSE →


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